Title: Entre deux hmisphres et quatre cerveaux'
1Entre deux hémisphèreset quatre cerveaux.
- Introduction à la neuro-pédagogie.
2Cerveau humain
Lhomme est capable de penser, de créer, de
sentir, dapprendre parce quil est doté de son
système nerveux des sens et du cerveau. Etant
donné que tout apprentissage commence par la
perception et est possible grâce à notre cerveau,
il savère de première importance de comprendre
son fonctionnement.
3 La méconnaissance de notre potentiel cérébral et
du fonctionnement des mécanismes cérébraux
impliqués dans l acte d apprendre est souvent
la source des problèmes aussi bien des
enseignants que des apprenants.
Deux questions fondamentales restent à poser 1.
Comment apprend-on? 2. Quelle stratégie
pédagogique le formateur doit-il employer?
4Nous aborderons les problèmes suivants
- Complémentarités de deux hémisphères
- Théorie de quatre cerveaux
- Conséquences qui en découlent pour l enseignant
et pour l apprenant.
5Le cerveau en chiffres
- 30 à 100 milliard de neurones
- des cellules gliales ( 90 de la masse
cérébrale) - 16 000 km de fibres
- 1014 synapses (certaines sources donne le chiffre
10800) - 2 du poids du corps
- 20 de loxygène du corps
6- 0,02 de neurones s occupent de lentrée et de
la sortie de l information
- 99,98 ce sont des neurones de traitement de
linformation - vitesse dinflux nerveux 250 m/s
- 200 000 générations d hommes ont contribué à sa
formation - poids entre 1400 et 2000 grammes
7Notre système nerveux nous permet de recevoir et
de traiter des informations qui parviennent de
lenvironnement et de notre organisme. Les
informations captées grâce aux sens, sous forme
dimpulsions électriques sont acheminées vers le
cerveau. Toutes les informations sont traitées
par le cerveau - il les interprètent et prend des
décisions. Mais chacun de nos deux hémisphères
cérébraux traite dautres informations ou
dautres caractéristiques de ces informations.
8Nos deux hémisphères
Les hémisphères cérébraux sont les structures les
plus volumineuses de l'encéphale ( de 80 de sa
masse). Ils coiffent les autres parties de
l'encéphale et ce sont les hémisphères qui nous
apparaissent lorsque nous regardons un encéphale
humain.
Ils sont plissés, parcourus par des saillies, les
circonvolutions (gyrus) séparées par des rainures
appelées sillons si elles sont superficielles et
fissures si elles sont profondes.
9La fissure longitudinale sépare le cerveau en
deux hémisphères tandis que la fissure transverse
sépare les hémisphères du cervelet.
Certains sillons un peu plus profonds que les
autres déterminent sur chacun des hémisphères de
cinq régions appelées lobes.
10Quatre de ces lobes sont nommés d'après les os du
crâne qui les surmontent il s'agit des lobes
frontal, pariétal, temporal et occipital.
Le cinquième lobe appelé lobe insulaire est
enfoui sous les lobes frontal, pariétal et
temporal au niveau du sillon latéral.
11Les deux hémisphères
- Chacun des hémisphères comporte trois régions
distinctes - le cortex cérébral formé de substance grise,
- une région sous-corticale formée de substance
blanche - les noyaux gris centraux (amas de substance grise
distribués dans la substance blanche).
12Le cortex cérébral
Le cortex cérébral est une mince couche (2 à 4 mm
d'épaisseur) qui forme la surface de chacun des
hémisphères. Le cortex est constitué par les
corps cellulaires de neurones d'une très grande
importance dans les processus mentaux supérieurs
comme la perception, la mémoire, la
conscience, etc.
13Les aires du cortex
Des régions du cortex appelées aires se
spécialisent pour accomplir des fonctions
différentes il s'agit des aires motrices,
sensitives et associatives.
14Les aires du cortex
Cependant, même si ces aires se sont
spécialisées d'un point de vue fonctionnel,
chacune agit en étroite collaboration avec les
autres. De plus, les aires correspondantes de
chacun des hémisphères ne sont pas complètement
équivalentes fonctionnellement, il y a
latéralisation des hémisphères. Enfin, les aires
de l'hémisphère gauche s'occupent de la partie
droite du corps et vice versa.
15Le corps calleux
Le corps calleux unit les deux hémisphères.
4 millions de messages à la seconde passent par
cette voie puissante, composée de 2 millions de
fibres (certaines sources donnent le chiffre 300
millions).
16Complémentarité de deux hémisphères
17Spécialisation des deux hémisphères
Le gauche définir clarifier organiser informer qu
estionner parler écrire
Le droit unifier rêver sétonner dessiner voir
des métaphores combiner selon des moyens
inhabituels
18Les activités de lhémisphère gauche tendent à
êtreintellectuelles rationnelleslogiques linéa
iressuccessives
verbales déductives analytiques
explicites discriminatoires orientées vers un but.
19Les activités de lhémisphère droit tendent à
être émotionnelles non-rationnelles intuitives
inductives tacites synthétiques analogiques centré
es sur lexpérience.
non-linéaires simultanées diffuses intégrantes ima
ginatives
20Hypothèse de J.Sergent
Justine Sergent de lUniversité McGill à Montréal
démontre que la différence fondamentale entre les
deux hémisphères se situe dans
la sensibilité aux différents paramètres
spatio-temporels de l information à traiter
et dans les aptitudes sensori-motrices à décoder
linformation.
21Lhémisphère droit traiterait
- linformation brève
- limage pauvre et/ou de grande dimension
- il se chargerait des opérations plus
élémentaires - et nouvelles (non-familières)
- il servirait de cadre aux opérations de
lhémisphère gauche.
22Lhémisphère gauche se chargerait
- du traitement des détails
- des informations plus petites
- plus complexes
- familières
- et exigeant un temps de traitement plus long.
23Conclusions pour les formateurs
- La nécessité daller du global
- à lanalytique
- La nécessité dalterner les approches
24Le cerveau triunique de Paul Mac Lean
25Théorie de trois cerveaux de Paul MacLean
Selon MacLean, du National Institute of Mental
Health, Bethesda, Maryland, les trois cerveaux
correspondent à trois types de traitements et
dorganisation de linformation.
26Le premier niveau, le cerveau reptilien, appelé
aussi primaire, primitif ou archaïque est
responsable des conduites suivantes
- lisopraxie ou imitation dun modèle ou de
prototypes, - les penchants, tendances, impulsions,
- la routine, la recherche dune jurisprudence,
les rituels, les cérémonies, les actes
superstitieux, - les tropismes,
- les stratégies de feintes.
Le cerveau reptilien est rempli de savoir et de
mémoire ancestrale. Il prend des décisions de
survie, se soucie du territoire et le défend.
Très attaché aux habitudes, il se charge de nos
automatismes.
27Ses réponses aux stimuli sont immédiates et il ne
sait pas faire face aux situations nouvelles. Il
agit selon des schémas rigides et stéréotypés -
ainsi une même stimulation produira toujours le
même effet.
Il est est responsable de la conservation de
lespèce et ses comportements répondent aux
besoins fondamentaux. Le cerveau reptilien ne
sait pas innover et accepte mal quun autre soit
différent de lui. Dans la classe de langue
étrangère, il est à rude épreuve. Il est - très
probablement - le grand responsable des
résistances qui se traduisent, chez certains
apprenants, par des difficultés quasi
insurmontables lorsquil sagit de changer de
code linguistique ou d habitudes.
28Le système limbique, ou cerveau mammifère, appelé
encore cerveau émotionnel (et même viscéral) est
construit autour du premier. Comme le reptilien,
il ne sexprime pas verbalement.
Sa fonction essentielle est la survie par une
bonne adaptation à l environnement social
empathie, groupe social, intégration,
convictions et croyances.
29 Hérité des mammifères primitifs, le cerveau
limbique est le siège des émotions et contribue à
la mémorisation.
Le cerveau limbique, contrairement au reptilien,
est capable dapprendre - il le fait à partir
dexpériences nouvelles quil classe en
gratifiantes (donc à recommencer), ou
désagréables (à éviter ou fuir). Encore
étroitement lié au stimulus, il sait généraliser
les réponses apprises.
30 Lapprenant, lenseignant, le formateur, le
parent ... doivent savoir que ce cerveau est un
véritable relais tous les stimuli sensoriels
(sauf olfactifs) passent par son étage.
Il est parfaitement capable de bloquer une
information montante (ou descendante) si
lenvironnement lui paraît menaçant, latmosphère
déplaisante, si un choc affectif survient, ou
encore si une image mentale trop prégnante est
déclenchée.
31RÉCAPITULATION
- Le système limbique est imperméable à toute
logique. - Toute information passe dabord par le limbique
qui filtre linformation et excite le cortex
selon son filtre. - Ce filtre est lié aux tonalités émotionnelles de
linformation intérêt ou monotonie, sécurité ou
insécurité, harmonie ou conflit. - Cest laction vécue quenregistre le système
limbique (action qui deviendra réflexion).
32- Le système limbique stocke tous les souvenirs
il est partie intégrante de la mémoire à long
terme il permet dacquérir de lexpérience.
- Le filtre fonctionne selon les souvenirs
agréables ou désagréables. - Le système limbique assure le début de la
connaissance par l image.
Le cerveau limbique
33Le néo-cortex
Le nouveau cerveau présente une plasticité et une
souplesse inconnues aux structures archaïques.
Le néo-cortex
Le néo-cortex n est plus une machine lorsquil
est stimulé, il peut ne pas répondre ou encore
répondre de manière imprévue, c est-à-dire
d une manière différente de celle quavait
entraîné une stimulation identique précédente.
34 Mère de l invention et père de la pensée
abstraite , le néo-cortex permet
- la production dun langage symbolique
- et des activités complexes comme la lecture,
lécriture, larithmétique - la production et la préservation des idées.
35Il raisonne froidement et ne connaît pas les
émotions.
- Il a un écran beaucoup plus fin de la réalité
extérieure grâce à ses capacités de traitement de
données. - Il est capable
- d analyser,
- danticiper,
- de prendre des décisions,
- de résoudre des problèmes,
- de conceptualiser.
36Les lobes frontaux
Les lobes frontaux représentent la dernière
poussée cérébrale et peuvent être considérés
comme un quatrième cerveau. Ce cortex préfrontal
est en effet très différent du néo-cortex.
37Les lobes frontaux
Fortement reliés au système limbique, ils sont
décrits comme la seule partie du cortex capable
daltruisme, de regarder à lintérieur et
déchapper à la loi implacable de la lutte pour
la vie.
Cette partie continue à se développer après
ladolescence. Le rôle des lobes frontaux a été
également souligné par A.R.Luria, le grand
neurologue russe.
38Pyramide des besoins et nos cerveaux
39Les mots-clésreprésentant les caractéristiquesdu
cerveau
- complexité / interaction
- connectivité / associativité
- complémentarité / coopération
- dynamisme / adaptabilité
- sélectivité
- synergie / multisensorialité
40Les fautes contre le cerveau
- présenter l information passivement
- combattre (consciemment ou inconsciemment) le
type de représentation (visuel, auditif,
kinesthésique) de lapprenant - utiliser une seule stratégie, un seul canal, une
attitude unique, et exhaustive - éviter les émotions
41CONCLUSION
Il faut ajuster et réajuster sans
cesse l approche pédagogique, en prenant la
juste mesure des éléments en présence.
42Nos cerveaux et apprentissage
Toute intervention pédagogique devra tenter de
réconcilier le cognitif avec sa base affective
sous-corticale et ménager un contexte
non-menaçant, enrichissant et chaleureux, dans
lequel lapprenant se sent interpellé totalement.
43Le trajet de l information
- De nos organes sensoriels jusqu au cortex par
les étages du - cerveau reptilien
- cerveau limbique.
44Pour en savoir plus
Budohoska W., Grabowska A., 1994 Dwie pólkule -
jeden mózg. Wiedza Powszechna, Warszawa. Carter
R., 1999 Atlas du cerveau. Editions Autrement,
Paris. Chalvin D., 1991 Utiliser tout son
cerveau. Les Editions ESF, Paris. Changeux J.-P.,
1983 LHomme neuronal. Hachette,
Paris. Trocmé-Fabre H., 1994 J apprends, donc
je suis. Les Editions d Organisation,
Paris. Zernicki B., 1983 Mózg. Ossolineum,
Wroclaw.